Découverte-Voyage

Le Festival Lumière 2017 – Lyon

Au risque de me répéter le Festival Lumière reste pour moi définitivement en accord avec son accroche : « un festival de Cinéma pour tous ».

Et, cette année, l’adage était encore plus vrai. Le rendez-vous cinéphile tant attendu a été encore une fois à la hauteur de mes espérances, riche en rencontres et en chaleur humaine.
Depuis 5 ans j’attends toujours avec une certaine fébrilité le festival et avant tout l’annonce du programme. Cette année j’ai eu la chance d’être invitée à la Conférence de Presse dévoilant le réalisateur choisi et les invités de l’édition 2017 (la 9ème pour info).

Autant vous dire que mon coeur s’est emballé en entendant Thierry Frémaux égrener durant la conférence les noms de Tilda Swinton, Guillermo Del Toro et Nicolas Winding Refn parmi d’autres.

A l’annonce du Prix Lumière également un petit vent de nostalgie se fait jour lorsque je découvre le nom de Wong Kar-Wai sur l’écran de la salle de cinéma du Hangar de la Rue du Premier Film. Me reviennent alors en tête les images de la scène délirante de Chunking Express où Faye Wong se déchaîne sur les notes d’une reprise de Dreams des Cranberries.

Et j’ai donc compté les jours entre la Conférence de Presse et le début du Festival… Comme à l’habitude la pression est montée d’un cran lors de l’ouverture de la billeterie mais grâce à mon cher Xavier j’ai pu acheter tous les billets que j’avais surligné au feutre fluo sur mon programme déjà écorné car feuilleté des centaines de fois.

Dans l’attente du Festival j’ai également eu envie de mettre en image de façon différente ces acteurs et réalisateurs pour lesquels je nourris depuis longtemps une admiration sincère. J’ai donc eu envie de demander de l’aide à mon amie Geneviève pour réaliser des portraits de mes 3 chouchous cités plus haut. La belle mère de ma soeur Elisabeth a également eu la gentillesse d’accéder à mes lubies de fan. J’ai beaucoup d’admiration pour son travail et son portrait de Wong Kar-Wai est très représentatif je trouve.

Lorsque je contacte Geneviève pour mes envies de portraits, cette dernière m’informe qu’elle ne connaît pas les noms que je mentionne, vont alors s’en suivre des séances de skype, des échanges mails où je transmets à Ge mes sentiments et ma perception de chacun afin qu’elle s’en inspire. Je ne pensais pas qu’elle arriverait si bien à rendre tout ce que j’avais en tête et c’est avec une émotion non dissimulée que j’ai découvert les dessins réalisés par mon amie quelques semaines avant le début du Festival. En les regardant j’ai eu l’impression qu’ils me regardaient, qu’ils étaient vivants et qu’ils avaient été dessinés pour être offerts à Tilda, Guillermo et Nicolas. Et devinez quoi? Eh bien, chaque portrait est reparti dans la valise de Tilda, Guillermo et Nicolas après une folle période de Festival.

Je garde en mémoire des moments de joie intense avec l’avant première de Shape Of Water le dernier film de Guillermo Del Toro récompensé à la Mostra de Venise par un Lion d’Or. Quelle émotion que de croiser celui qui a peuplé mon adolescence, ma vie de monstres et de contes macabres, qui a fait grandir mon imaginaire. Je me souviens du jour où j’ai découvert le Labyrinthe de Pan et de la vague que cela avait suscité en moi. J’ai eu cette même sensation en plongeant avec délice dans cette belle et sombre histoire qu’est Shape of Water, mise en musique par Alexandre Desplat (également présent lors de cette avant première). « C’est un conte de fées et les contes de fées sont là pour être racontés en des temps difficiles, or les temps sont difficiles » confie Guillermo à une salle archi comble.

Après la projection Thierry Frémaux nous emmène devant le mur des cinéastes pour inaugurer la plaque de Guillermo Del Toro. Ce dernier, accompagné d’Alexandre Desplat et de Marisa Paredes (actrice pour Del Toro dans L’Echine du Diable), ne boudera pas son plaisir et fera le show en retirant le drap rouge de la plaque.

Le lendemain ce dernier animera à la Comédie Odéon une masterclass rock’n’roll en diable, nous emportant avec lui dans son enfance, son adolescence qu’il n’a finalement jamais pu quitter. Une enfance habitée par les monstres « quand vous êtes enfant avec les monstres vous n’avez pas à penser, les monstres sont toujours en accord avec leur image ». J’aime prendre la main de Guillermo Del Toro et partir avec lui dans ses mondes magiques « l’Imaginaire est ce qui s’ouvre à vous quand vous arrivez à baisser la garde », « l’Imaginaire est ce qui nous garde en Vie ». Merci Guillermo pour votre générosité, votre temps et notre discussion sous le hangar. Après cette masterclass retour à la Rue du Premier Film où, Alfonso Cuarón,  l’acolyte mexicain de Del Toro, réalisateur de Gravity, Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban ou encore Le Fils de l’Homme, nous fera découvrir un moyen métrage expérimental rare et déroutant : La Fórmula Secreta de Rubén Gámez.

Celle qui a pris ma main et mon coeur aussi durant le festival c’est Tilda Swinton, sirène magique flottant dans le parc de la Villa Lumière à l’issue de la projection de Shape of Water. Quelle grâce, quel magnétisme, elle était solaire. Que j’aime cette femme caméléon capable d’incarner une mère brisée, une reine déjantée, une vieille peau nympho ou une vampire rock. Elle aussi a su nous enchanter lors de sa masterclass le lundi suivant juste après celle de Guillermo Del Toro. Cette fan de cinéma aime faire partie de la tribu artistique « intergalactique » des artistes. Le Cinéma est un voyage, voyage à travers lequel elle aime à changer son image, elle aime être « au bord du précipice ». Elle a su nous livrer le meilleur d’elle-même, nous faire rentrer en interaction avec elle.

Et que dire d’Only Lovers Left Alive de Jarmusch projeté dans la salle de l’Institut Lumière, si ce n’est que j’en suis ressortie à fleur de peau. Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu ce film et le revoir dans un tel contexte a été pour moi un plaisir immense. Plaisir d’autant plus fort que lorsque je suis entrée dans la salle il faisait noir (la projection avait déjà commencée), aussi, pour ne pas déranger, je me suis assise sur la première marche de l’escalier de la salle à côté de la première rangée de fauteuils du fond. Malgré le sol dur sous mon postérieur c’est sans résistance aucune que je me laisse embarquer à nouveau dans les rues de Détroit et de Tanger, suivant Adam et Eve dans les méandres de leur existence d’immortels. Puis un instant je détourne le regard de l’écran et me voilà avec la sensation d’être dans la Rose Pourpre du Caire : Tilda-Eve est restée dans la salle pour regarder le film et elle est juste à côté de moi la main sur l’accoudoir de son fauteuil en velours…

Mon dernier « RDV » tant attendu a été également de pouvoir revoir pour la troisième fois Nicolas Winding Refn venu présenter son projet digital, un nouveau cinéma en accord avec les plateformes numériques et les nouvelles technologies « grâce auxquelles nous sommes tous photographes, musiciens, réalisateurs ». En février 2018, NWR lancera une plateforme en 3 langues (anglais, français, chinois) « entièrement gratuite, sans abonnement, sans publicité » sur laquelle sera mis en ligne chaque mois l’un des 200 films de la collection particulière de NWR. « Chaque film servira ensuite d’inspiration à des oeuvres artistiques, que chacun pourra déposer sur le site ». Le Cinéma est Mort, Vive le Cinéma.

Le samedi le festival touchait à sa fin avec le tournage habituel du remake de la sortie des usines réalisé par Wong Kar-Wai et son chef op’ le déjanté Christopher Doyle. Une belle ambiance potache et bon enfant pour clore le festival pour ma part en compagnie d’Emmanuel Devos, Samy Bouajila, Vincent Perez, Monsieur Charles Aznavour, Clément Sibony, Niels Arestrup pour ne citer qu’eux.

La veille, le maître Wong Kar-Wai nous a offert une belle « leçon de cinéma » animée par le sémillant Thierry Frémaux dans le somptueux cadre du Théâtre des Célestins. Tout en zénitude ce dernier est revenu sur sa carrière, sa façon peu commune de travailler avec son Chef Op’, le déjanté Christopher Doyle. Il nous parle de Bruce Lee, de Tsui Hark, John Woo. « Le but est de faire un film dans lequel on croit et de le faire de la meilleure façon qui soit ».

J’ai hâte d’être à l’an prochain pour le 10ème Prix Lumière. Pour ce 10ème anniversaire qui sera couronné? Les paris sont ouverts. Croisons les doigts pour un Lynch, un Spielberg, un Burton, un Soderbergh, un Cronenberg ou un Van Sant. Le compte à rebours est lancé.


Si vous voulez en savoir plus sur ma chère amie Geneviève vous pouvez cliquer sur son site ou suivre son compte Instagram.

 

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2 réflexions sur “Le Festival Lumière 2017 – Lyon

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